Chemin de croix du vendredi saint – 10 avril 2020

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1ère station : Jésus est condamné à mort

Jésus a passé déjà une nuit entière d’agonie. Depuis Gethsémani où il a lutté pour communier finalement de tout son coeur à la volonté de son Père de boire à la coupe. Puis l’arrestation où déjà il a été plus que malmené par la garde du temple, frappé, traîné enchaîné comme une bête torturée. Puis c’est les crachats et les mensonges du pseudoprocès chez le grand prêtre, puis la comparution devant Pilate, puis Hérode, puis de nouveau Pilate qui le fera atrocement flageller à mort. Comment n’est-il pas déjà mort ? Et les
moqueries violentes des soldats, le couronnement d’épines, les coups de toutes parts. Mais cela ne suffit pas à la haine des pécheurs obstinés. Ils réclament sa crucifixion. Et Pilate s’en lave les mains, il le condamne à mort. Ô Jésus, nous voulons vivre ce chemin de croix, s’il est possible, en réparation pour nos péchés et ceux du monde entier ! Reçois notre compassion, fais-la grandir pour nos frères meurtris par l’injustice et la haine des hommes.
 

2ème station : Jésus porte sa croix

Seigneur Jésus, il est facile de porter le crucifix au cou ou de l’accrocher comme ornement sur les murs de nos belles cathédrales ou de nos maisons, mais il n’est pas aussi facile de
rencontrer et de reconnaître les nouveaux crucifiés d’aujourd’hui : les sans domicile fixe, les jeunes sans espérance, sans travail et sans perspective, les migrants…
Jésus vit son calvaire en pleine connaissance. Il ne dit rien. Son silence est aussi pesant que le bois de la croix. Son silence est prière. Il est don et abandon. Il accepte son sacrifice pour faire la volonté du Père.
Et nous dans cette période inédite qu’acceptons-nous ?
Notre Père, aide-nous à « accepter ce qui est », à accepter les croix de nos vies !
Gardons-nous de nous lamenter sur ces afflictions qu’il plaît au Seigneur de nous envoyer.
Suivons le maître sur le chemin du calvaire, chargés de nos croix. »
Essayons ensemble de porter le poids de notre propre croix, participant ainsi à l’oeuvre rédemptrice de Jésus et consolant également ceux dont Dieu confie la détresse à notre amour.
Prions pour tous les soignants, pour toutes les personnes qui côtoient à longueur de journée de grands malades très contagieux.
Eux aussi savent ce qu’ils risquent et ils le font pour sauver des vies.
Prions pour toutes les personnes qui acceptent de travailler et donc de prendre des risques pour que la population confinée ait le minimum vital. Nous pensons aussi à toutes les
personnes isolées malades ou non que l’avenir inquiète beaucoup.
Ô Seigneur, Dieu Tout-Puissant, qui portez sans lassitude le poids du monde entier, qui avez porté avec une fatigue accablante le fardeau de tous nos péchés, soyez aussi le Sauveur de nos âmes.

3ème Station : Jésus tombe pour la première fois

Sous le poids de la croix, Jésus fléchit et tombe.
Où est Jésus dans les camps de réfugiés ?
Où est Jésus lorsqu’un peuple est persécuté́ ?
Où est Jésus lorsqu’un de nos proches, un ami souffre, est malade de ce mal qui aujourd’hui touche le monde entier ?
Où est Jésus lorsque dans un lit d’hôpital quelqu’un meurt, seul ?
Où est Jésus, lorsque la charge est trop lourde, comme toutes celles que nous impose notre société ?
Sous le poids de la croix, Jésus fléchit et tombe.
Il est pourtant là, parmi nous, pour porter nos souffrances et soulager le poids de nos fardeaux et nos maux.
Il est réfugié parmi les réfugiés, persécuté parmi les persécutés, malade parmi les malades, mourant parmi les mourants.
Jésus en toute humilité a pris sur lui nos douleurs, nos péchés, Il porte toute cette humanité qui a tant besoin qu’on la sauve.
Père, par ce relèvement, accorde à chaque âme de suivre le chemin du Salut avec détermination, sans craindre, ni les obstacles, ni les chutes…
Père, par ton Fils qui se relève avec tant de peine, soutiens et accompagne tous eux qui souffrent, qui buttent et qui luttent.

4ème station : Jésus rencontre sa Mère

La foule est dense, certainement, qui suit Jésus sur ce chemin qui mène au Golgotha. Et Marie est là. C’est de loin qu’elle a suivi la condamnation de son fils. Enfin, elle peut s’approcher de Lui, de son enfant. Le toucher. Oser ce geste où se concentrent douceur et amour.
Marie n’est pas là pour soulager Jésus de sa croix. Non, cela est inutile. Elle sait que la chair
meurtrie de son fils doit être transpercée. Peut-être pense-t-elle à ce moment-là à la
prophétie de Syméon : « Et toi, ton âme sera traversée d’un glaive » ? Marie se dirige vers ce
glaive invisible, vers le calvaire de son fils, vers son propre calvaire. Mère des douleurs.
Ainsi, dans l’obscure solitude de la Passion, Marie offre à son fils un baume de tendresse,
d’union, de fidélité. Par ce geste de compassion, d’acception, Marie redit un OUI total,
confiante en la volonté de Dieu.
Entrons, nous aussi dans cette compassion et sachons dire OUI, un OUI de confiance, acceptant toujours et en tout, la volonté de notre Père qui est aux Cieux.
Avec Marie, nous Te prions pour les mères des condamnés, pour celles dont un enfant est méprisé, différent.
Avec Marie, nous Te prions pour les femmes qui avortent, pour celles qui ont perdu un enfant.
Avec Marie, nous te prions pour les mères éprouvées, particulièrement en ce temps de confinement.
 

5ème Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix.

Ne sommes-nous pas tous invités, au hasard d’une rencontre, à partager les souffrances du faible ou du malheureux et rejoindre ainsi Simon de Cyrène, en partageant le poids de leur
croix ?
C’est ainsi qu’une grâce nouvelle nous est donnée par le Seigneur.

6ème station : Sainte Véronique essuie le visage de Jésus

De toi mon coeur a dit : "Cherche sa face". C'est ta face, Seigneur, que je cherche, ne me cache point ton visage (Ps 27, 8-9).
En cette période de confinement, quand nous devons sortir pour faire les courses ou, pour nous, pour soigner les malades, nous rencontrons beaucoup de personnes avec des masques et, paradoxalement, nous nous regardons d’une façon plus vraie, décelant dans ces visages l’inquiétude, l’angoisse peut-être, la lassitude, la solitude …
Nous même, lors de nos soins, portant des masques, nous ne pouvons plus exprimer physiquement notre affection : s’embrasser, se donner une bonne poignée de mains sont
proscrites et certains de nos malades en souffrent et ne comprennent pas ! Un mètre de distance à respecter et de plus, ne pas pouvoir sortir, c’est beaucoup pour ceux qui sont seuls …
Puissions-nous, à l’exemple de sainte Véronique, qui a libéré le visage du Seigneur souffrant de son masque de sueur, de sang et de crachats, puissions-nous avoir des paroles de tendresse et de compassion qui soulagent et qui expriment que nous avons su déceler sur ces visages d’homme, le visage de Dieu !

7ème station : Jésus tombe pour la deuxième fois :

"Seigneur, tu es tombé pour la deuxième fois. Tu ressentais sûrement de la douleur physique et de la tristesse ; peut-être le doute, un sentiment d'abandon, car tous ces gens
t'acclamaient peu de temps auparavant... Ce sont nos pêchés qui te font tomber. Et pourtant tu te relèves. Avec un grand courage pour surmonter l'épreuve de la douleur, et surtout un immense amour pour nous, qui te font aller jusqu'au bout. Pour t'imiter Seigneur, nous devons accepter de tomber et de nous relever, avec ton aide et celle de nos frères et soeurs. Donne-nous l'humilité nécessaire pour voir la main que tu nous tends et la saisir."

8ème Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-même et sur vos enfants !
(cf. Lc 23,28)
Jésus, on veut te présenter et te confier nos enfants. Enseigne-nous le Chemin, la Vérité et Va vie. En tant que femmes, mères, catéchistes apprend nous à te suivre, dans l’authenticité et dans la Foi.
A pouvoir aimer comme tu nous aimes, à l’image de Marie qui a accepté d’endosser la souffrance avec patience et confiance.
Que nos larmes soient justes et qu’elles puissent porter du fruit.
Pour le Salut de nos enfants, de notre communauté, de notre monde.
Et pour la plus grande gloire de Dieu.

9ème station : Jésus tombe pour la troisième fois

Voilà de nouveau et pour la 3ème fois le Christ qui tombe à terre sous le poids de la croix.
La foule, curieuse, regarde s'il pourra encore avancer. Contemplons son épuisement.
Il n'en peut plus mais pourtant il se relève et il repart. Il a continué jusqu'au bout à donner tout son amour et toutes ses forces pour les hommes.
Ne soyons pas troublés à la vue de Jésus qui tombe à terre, épuisé sous la croix. Cette manifestation extérieure de la mort qui s'approche, cache la lumière de la vie.
Jésus s'unit ainsi à ceux qui sont dans la souffrance et dans la peine. Il est avec tous ceux qui sont exténués, anéantis et brisés. Il les aide et leur procure la paix en leur montrant la
persévérance dans les circonstances les plus difficiles.

10ème station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Seigneur mets nous à l'école de ton fils qui s'est donné par obéissance et par amour pour nous. Donne-nous de savoir écouter et obéir à tes commandements. Eloigne de nous la tentation de voler le manteau et les vêtements du pauvre et de l'opprimé mais au contraire renforce en nous la volonté de nous mettre au service de ceux qui n'ont plus rien. Garde nous d'humilier notre prochain et renforce en nous la charité. En ces jours de confinement en particulier aide nous à être patient avec ceux avec qui l'on vit. Aide nous à garder l'Espérance d'un plus grand bien après cette période d'épreuves.
 

11ème station : Jésus est cloué sur la Croix

Chant : Mon père, mon père, je m'abandonne à toi "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"
Jésus est désormais sur la croix. Jésus est attaché ... cloué ... Il étend les bras sur le bois de la croix comme pour embrasser tous les Hommes. Les portes de la vie semblent se fermer. Il n'existe plus d'autres issues possibles que celle de la mort. Ses dernières paroles sont comme un testament de son immense amour. Jésus ne se débat pas, il ne crie pas la haine, la
vengeance, au contraire, il pardonne. Il vit jusqu'au bout. Et pas sa vie offerte, il crie l'Amour infini qui cherche le coeur de l'Homme pour y vivre.
Seigneur, du haut de la Croix, tu vois au-delà de nos fautes, tu veux pour nous le pardon. Au patronage, dans notre famille, à l'école, dans notre paroisse, aide-nous Seigneur à faire le 1er pas et à offrir notre pardon. Permets-nous aussi d'accueillir le pardon que Tu nous donnes afin de nous faire entrer au Ciel.
Seigneur, tu nous aimes jusqu'au bout, au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer.
Devant mes copains, mes frères et soeurs, ou d'autres enfants que je ne connais pas encore, garde-moi Seigneur de tout jugement faussé. Apprends-moi à me laisser aimer par toi.
 

12ème station : Jésus meurt

Le corps supplicié est suspendu et exposé à la vue de ceux qui étaient dans la foule inhumaine - trop humaine -, ceux qui ont suivi le flot, sans sentir la douleur, sans être troublés par le sang, déjà noir, qui recouvre le corps qui trébuche dans les pierres sous le soleil accablant.
Cet homme ne faisait pas le mal mais dispensait la force de son amour à tous.
Le silence s’est fait. Deux ou trois soldats, Jean, Marie et les femmes qui l’ont toujours suivi sont là, alors que le ciel se noircit, que le vent se lève et que le rideau du sanctuaire se déchire.
Alors Jésus pousse un grand cri. Il dit « Père entre tes mains je remets mon esprit ». Puis il expire.
« Tout est accompli ».
Tout est accompli. Non pas que tout soit fini, au contraire. Ce que les Psaumes et les Ecritures disaient s’est réalisé. La Vie nouvelle est donnée. L’amour de Dieu pour les hommes s’est concrétisé au paroxysme.
Jésus, Tu as dit ta soif, Tu as crié ton abandon, Tu as redit ta confiance au Père.
Ton humanité est aussi la nôtre. Comme Toi, au moment de notre dernier souffle, entourés ou non, nous serons seuls, avant d’être accueillis dans l’Amour du Père éternel.
Mais grâce à Toi, Christ qui adonné ta Vie pour nous, acte de liberté extrême, pour que nous puissions communier à la vie divine, nous savons ce qu’est être véritablement Homme.
Que notre liberté de croire en Toi Jésus Fils de Dieu nous élève.
Que Ta mort indigne nous aide à accompagner ceux qui n’ont pas ta force. Et qu’elle nous rappelle que Dieu aime chacun de nous et ne nous abandonne pas au péché. Amen.
 

13ème station : Jésus est détaché de la croix et remis à sa mère

Marie, nous pleurons avec toi la mort de Jésus, ton fils aimé, en cet instant déchirant où ne t’est rendu que le corps de celui dont la vie t’a été prise.
Marie, toi qui reçois le corps inanimé de Jésus, viens soutenir toutes ces familles qui ne peuvent pas recevoir le corps de leur proche décédé du coronavirus.
Marie, comme tu as accompagné Jésus jusqu’au bout, tu es présente auprès de tous ceux qui meurent actuellement dans le silence et la solitude.
Marie, tu es celle qui vient apporter la consolation à tous ceux qui sont écrasés par le deuil.
En ces temps difficiles, à la violence de la perte de l’être cher, s’ajoute la violence de ne pas pouvoir concrètement et paisiblement dire adieu, dire merci, dire pardon.
Marie, quand nous sommes nous aussi au pied de la croix, apprends-nous à recevoir l’amour de Jésus pour nous relever.
Marie, aide-nous, dans l’obscurité la plus totale, à garder ce don d’accueillir pleinement tout ce qui vient : l’épreuve, la souffrance, la séparation, la mort. Donne-nous ce don d’accepter
qu’au-delà de l’échec, du non-sens, de l’incompréhension, de la douleur qui accablent notre regard humain, c’est Dieu lui-même qui nous prépare un chemin.
 

14ème station : Jésus est déposé au tombeau

La Pâque approchait, toute activité devait cesser au coucher du soleil, aussi Jésus est-il enterré à la hâte, dans le tombeau d’un autre, qui n’a pas été préparé. Les rites sont réduits au minimum. Quel déchirement pour sa mère, pour ses amis, de ne pouvoir lui offrir cette
dernière marque d’amour !
Ô Jésus, fils d Dieu vivant, où es-tu ?
Roi d’humilité, né dans une crèche, enterré dans la pauvreté, non vraiment tu n’as pas d’endroit où reposer la tête !
Toi qui as éprouvé le silence et le froid de ton tombeau, toi dont le coeur a tant aimé les hommes, viens réchauffer ceux qui aujourd’hui meurent seuls.
Douce vierge Marie, sois avec nous dans cette attente silencieuse du jour de Dieu. Fais-nous vivre pleinement ces moments déroutants où tout se fige, le temps que le grain meure pour porter son fruit de résurrection.