De l’huile ?

Ça y est nous y sommes. La grande semaine commence.
Avec le dimanche des rameaux, les cérémonies du jeudi saint et vendredi saint, la vigile, les baptêmes, la Résurrection et tout ce qui nous réjouit chaque année dans cette belle liturgie de la Semaine sainte. Et la messe chrismale… Ah oui, la messe chrismale. De quoi s’agit-il déjà ? J’y suis invité moi aussi ? Ce n’est pas que pour les prêtres ?
Durant la messe chrismale, l’évêque bénit les autres huiles saintes et consacre le Saint Chrême. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre. L’huile guérit les blessures, elle fortifie et elle assouplit. Cela pourrait peut-être me faire du bien d’en recevoir un peu, de cette huile, mais surtout de l’Esprit saint qu’elle signifie. Pour guérir chacune de mes blessures, pour fortifier ma foi, mon espérance et ma charité, et pour assouplir toute la dureté de mon jugement.
Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son évêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.
Notre église diocésaine de Lyon est éprouvée en ce moment, et j’appartiens à cette église. C’est ma famille. Les prêtres de mon diocèse et de ma paroisse, ces pasteurs que l’Église nous donne, ont besoin d’être encouragés et soutenus dans le don généreux de leur vie à Dieu et à chacun d’entre nous. Ma prière, ma bienveillance, ma présence à leur côté, la vérité de ma parole aussi bien sûr, mon amitié, ma foi, ma confiance renouvelée peut les aider à vivre plus unis au Seigneur Jésus Christ, et célébrer les sacrements, à exercer la miséricorde, et à annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.
Je n’ai pas l’habitude d’aller à cette messe chrismale. Mais si j’y allais cette année. Justement cette année, où mon église diocésaine est blessée, abîmée, meurtrie. Si j’y allais pour exprimer mon souci de l’unité avec tous ces chrétiens qui ne pensent pas comme moi… Tous ceux qui pensent que notre cardinal n’a que ce qu’il mérite, ou à l’inverse qu’il est la victime innocente d’un déferlement du mal. Main dans la main. Pas facile. Mais c’est la grâce et la beauté de cette messe chrismale, de l’Église en général. Ce qui nous unit, c’est la foi, l’espérance et la charité. À mercredi donc, pour tous ceux qui le pourront. À 18h30 à la cathédrale St Jean-Baptiste.

Don Jean-Baptiste, vicaire