Journée mondiale des malades

Dimanche 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes. L’Église célèbre ce jour-là la journée mondiale des malades. À cette occasion, le pape François a écrit un message que je vous encourage à lire. Il y dit une chose qui m’a fait réfléchir. La maternité universelle de la Vierge commence au pied de la croix. « Femme voici ton fils ». En donnant Marie pour mère à Jean (Jn 19, 25-27), il donne Marie pour mère à tous les hommes. Il y a un lien très fort entre la souffrance (du Christ sur la croix) et la maternité universelle de Marie. La force, le soutien, la tendresse, la patience, l’abnégation, le sacrifice, l’amour d’une mère lorsque son enfant est malade.
Il est une autre chose qui me fait réfléchir. C’est un article que je lisais récemment sur une jeune infirmière qui démissionnait et ne voulait plus exercer ce métier qu’elle aimait pourtant, à cause des conditions de travail qu’elle dénonçait : manque de personnel, logique commerciale, logique de rentabilité dans le soin apporté aux patients. Je n’ai plus les chiffres, mais c’était incroyable. Le nombre de patients par infirmière ou aide-soignante fait que l’on n’a pas le temps… justement de perdre son temps. Souffrance des patients, et souffrance de ceux qui s’en occupent. Les premiers se sentent abandonnés, les seconds ont le sentiment de courir en permanence.
L’Église en tant qu’institution, et chacun d’entre nous en tant qu’individu avons le devoir d’apporter un soin de qualité aux malades, un soin qui sorte de la logique du rendement et de l’efficacité, de la logique du « Il ne faut pas que ça me dérange trop », ou du « Je n’ai pas beaucoup de temps », etc.
Prendre le temps, perdre du temps. Passer une heure auprès d’un malade, c’est faire une heure d’oraison ! On passe une heure avec le Christ (…d’une certaine manière - le soin de malade ne nous dispense pas de la prière, bien sûr). Alors, prévoyons large, c’est un « gros caillou » dans notre agenda, une priorité. Ce qui compte, ce n’est pas la quantité, mais la qualité de la relation que j’établis avec le malade. Peut-être faut-il que nous soyons plus nombreux. Il y a une quantité de soins qui ne relèvent pas du médical. Le Christ, à travers l’Église et chacun d’entre nous, veut continuer de venir guérir les malades, et il veut que nous le visitions dans les malades. « J’étais malade, et vous m’avez visité » (Mt 25,36).

Don Jean-Baptiste, vicaire