L’amour sur commande ?

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai toujours été un peu surpris par ce premier commandement, et même le second qui lui est semblable : Dieu, par la bouche de Jésus, nous commande… d’aimer !
Or l’amour est libre non ? Gratuit, spontané, donné, et ressenti, n’est-ce pas ? Comment pourrait-il être commandé, même par Dieu ? Comment l’amour reste-t-il l’amour lorsqu’il est commandé comme un devoir ?
Tentons d’approfondir un peu cette question et relisons le texte. D’abord, Jésus, en réponse à la question du scribe, lui rappelle un texte bien connu du livre du Deutéronome où il s’agit d’abord et avant tout d’écouter : Écoute Israël ! En fait, pourrions-nous dire, le premier commandement, le plus grand, c’est d’écouter. Dieu nous commande tout d’abord de l’écouter. C’est alors que nous entendons qu’il nous demande d’aimer. De l’aimer lui par-dessus toute chose, et notre prochain comme nous-mêmes.
Cela nous dit sans doute quelque chose de ce qu’est l’amour. Pour aimer, il faut commencer par écouter.
Écouter Dieu, écouter son prochain. Et nous comprenons alors pour une part pourquoi l’amour se commande. Écouter réclame en effet une attention particulière. L’écoute est un choix. L’amour aussi. Au-delà du sentiment, qui par définition ne se commande pas, l’amour est le choix d’écouter l’autre – Dieu et son prochain – l’amour jaillit du cœur, autrement dit de la volonté. Pour bien le saisir, disons que de même que les yeux voient, les oreilles entendent, la main touche, le nez sent, la langue goûte, ainsi l’intelligence comprend et la volonté aime. L’amour est l’acte de la volonté, tant il est vrai que l’on ne veut que ce que l’on aime. Et nous saisissons alors un peu mieux le sens de la parole de Jésus, de son commandement d’aimer. Et d’ailleurs cela n’enlève rien à la liberté de l’amour, puisque précisément la volonté se détermine à son acte librement !
Bref, après ces considérations anthro-pologiques, accueillons avec joie le commandement du Seigneur : aimons !

Don Antoine, curé