Musique Emoi – N°40 : LES NŒUDS DU PASSE…
Les liens du passé sont parfois…voir souvent, pesants, parce qu’intimement arrimés à l’égo (facteur de souffrance et limitateur de l’épanouissement).
En effet l’égo se nourrit des évènements passés, il les passe en revue, tout en construisant une carapace de plus en plus importante et résistante à toute épreuve. Il se nourrit en partie de tout ce qui nous flatte, et en se faisant, construit un moi complètement différent de ce que nous sommes réellement. L’égo construit du virtuel, loin du réel.
« Comme un jour Narcisse se penche au-dessus de l’eau, il croit que l’image reflétée, belle au point qu’il en tombe amoureux, est le visage d’une naïade. Or chaque fois qu’il cherche à saisir ces joues entre ses mains, l’eau se trouble et le visage disparaît. Désespéré, Narcisse se laisse tomber dans le lac et se noie. »
Alors afin de se retrouver, de contrôler un peu son égo, et de mieux se connaître (sans imiter Narcisse) :
-Une solution sans issue : ressasser le passé
-Une autre solution sans issue : … imaginer le futur (…très aléatoire)


-Une solution, elle, qui a fait ses preuves : demander de l’aide à Marie qui défait les nœuds.
Pour espérer une solution, d’abord une prise de conscience s’impose. Puis il devient alors important de faire le ménage.
En effet les nœuds sont la matérialisation des soucis, problèmes déjà rencontrés mais non solutionnés. Sans dénouement, le poids de l’ensemble devient difficile à porter. Mais seul, la démarche devient difficile, pesante, aléatoire.
Marie qui défait les nœuds a ce pouvoir de nous aider à établir la prise de conscience, puis à faire ce nettoyage, en sélectionnant les nœuds dans un ordre que seule elle connait, au profit d’un résultat positif.
D’une manière générale, nous avons tendance à cumuler du fait de notre mémoire, des évènements difficiles, pénibles, incompréhensibles, obscurs voir quelquefois très difficiles. L’accumulation peut devenir alors une charge insupportable. Les évènements négatifs s’entremêlent, fusionnent, deviennent inextricables. Impossible seul de retrouver le bon sens, notre discernement est altéré, notre intuition, n’en parlons pas. Les petits problèmes se mélangent aux grands, en n’en formant en final plus qu’un seul, alors de taille, quelquefois démesuré, déconnecté de la réalité.
Imaginons alors que le défilement de notre vie soit maintenant un ruban, ruban où chacun des évènements (problèmes) soit représenté par un nœud, donc un ruban garni de petits, moyens et de gros nœuds mélangés.
Ce ruban représente le chemin de notre vie à chacun.
Les nœuds accumulés le long des années deviennent lourds à porter, à supporter.
Comment faire le tri ? La pénombre a pris le pas sur la lumière. Le raisonnement n’a plus accès aux idées claires. La confusion règne avec son lot d’accompagnants négatifs, méprise, trouble, aveuglement etc…
Seul, nous sommes désemparés, à qui confier notre « pelote » ?
La bonne solution : Invoquer Marie qui défait les nœuds 🙁 voir tableau ci-dessous)
La Vierge Marie, personnage principal du tableau, reçoit des mains d’un ange un ruban encombré de toutes sortes de nœuds, petits moyens, grands, compliqués, simples. Elle le fait passer à un autre ange : dans l’intervalle, par ses mains, le ruban a été complètement débarrassé des nœuds. C’est un peu l’image de la dépollution de notre âme…
Cette première démarche commence par une prise de conscience en vérité, étape difficile s’il en est (humilité), mais indispensable, rien ne se fera sans nous et notre participation aux efforts.

Le Pape François et Marie qui défait les nœuds
https://www.mariequidefaitlesnoeuds.com/
Mais comment cette huile sur toile datée de 1700 et attribuée au peintre Jean Georges Schmidtner est-elle parvenue jusqu’au pape François ou plutôt au père Bergoglio, à Buenos Aires ? Le pontife l’a raconté pour Die Zeit. Le journaliste venu l’interroger lui rappelle que sa prise de contact avec cette image de la Vierge datait de son séjour en Allemagne, dans les années 1980. Faux ! « Je ne suis jamais allé à Augsbourg», rétorque le pape François.
Et il explique : « L’histoire s’est passée comme ça : pour Noël, une religieuse que j’avais connue en Allemagne, m’a envoyé une carte de vœux avec cette illustration. Cette image m’a tout de suite intrigué. ». (Un rendez-vous postal…providentiel !)

Sous forme de cartes postales
Et le pape d’expliquer que la peinture se réfère à saint Irénée, évêque de Lyon et Père de l’Eglise du 2e siècle. « Le mécène qui a fait exécuter cette œuvre avait des difficultés avec son épouse… Pourtant, il aimait sa femme et sa femme l’aimait, et il n’y avait pas de belle-mère qui s’immisçait dans leur vie, raconte-t-il en riant. Le mari a donc pris conseil auprès d’un père jésuite. Celui-ci a pris le long ruban blanc, qui leur avait été offert lors du mariage, et a prié la Vierge Marie. Il avait lu dans les textes d’Irénée que le nœud noué par le péché d’Eve avait été défait par l’obéissance de Marie. Il a demandé à la Vierge la grâce de défaire les nœuds ». Et ça a marché…. A la demande des époux reconnaissants de la grâce reçue de la Vierge, Schmidtner exécuta donc le tableau.
Le pape poursuit : « L’image m’a tellement plu que j’ai commencé à l’envoyer sous forme de cartes postales ». Le mouvement était lancé. La peinture qui symbolise les nœuds non défaits de l’existence trouve sa place en Argentine.
La dévotion à la « Vierge qui défait les nœuds » prend son élan. Lorsqu’il devient évêque auxiliaire de Buenos Aires, il envoie ses séminaristes dans les bidonvilles de la capitale argentine avec ces images de la Vierge. Et une copie de la peinture bavaroise est reproduite à l’archevêché.
Cette dévotion est proche de celle du cœur de Jésus, alors …
Marie allège notre fardeau en défaisant les nœuds et en nous préparant à porter le joug avec Jésus.
Lorsque cette étape est réalisée, avec des durées très variables selon les uns les autres …il est temps de rendre grâce.
Afin de ne pas être tenté par des reconstructions de nœuds virtuels appartenant au passé et que nous avons réussi à dénouer, essayons de vivre intensément le moment présent.
Pour se faire nous avons encore et encore besoin d’aide, mais déjà libéré par le poids de certains nœuds que nous avions construits, nous y voyons plus clair. Nous pouvons demander à Marie toujours de nous aider à avoir accès à Jésus et au joug qu’il est prêt à porter avec nous. Et là commence en quelque sorte une conversion, une résurrection, nous nous dirigeons sur … « ne faire qu’un »
Faire se rencontrer notre temps et l’Eternité passe par la prière, sans oublier que le Notre Père ne commence pas par :
-donne nous notre pain quotidien »
mais par :
-que ton nom soit sanctifié
-que ton règne vienne
-que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Demander de l’aide correspond bien à « notre pain quotidien » donc nous devons préalablement rendre grâce et louer Dieu
Jésus : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire »
« mon joug est facile et mon fardeau est léger »(Matthieu 11:28-30)
Ceci démontre que pour changer, il est nécessaire d’abord :
-de diminuer, de louer Dieu, de rendre grâce.
-de prendre conscience de notre problème, ce qui demande de l’humilité.
-de demander de l’aide à Marie qui défait les nœuds, ce qui demande de l’humilité et de la foi
-d’accepter par après de porter le joug avec Jésus, ce qui nécessite de l’humilité et de la foi
-d’accepter de se mettre en marche, de participer activement à notre conversion, sans notre consentement, pas de solution, nous ne pouvons pas rester uniquement spectateur de notre propre changement.
Ne restons pas inactifs, entrons dans la dynamique, la bonne solution c’est consciemment dans un premier temps après avoir loué DIEU, de se mettre en marche, de mettre nos 5 sens à la disposition du présent au détriment du passé. Devenons acteur pour toutes les secondes qui passent.
La concrétisation de cette phrase passe par une multitude d’exemples très simples mais répétés et propres à chacun :
- Sentir l’air passer dans nos narines, à chaque inspiration, sa température, son volume, sentir les parfums exhalés par l’encens.
- Voir des détails d’ombres crées par la lumière sur un mur, sur un objet, sur une fleur, à travers un vitrail à l’église.
- Entendre, mais surtout écouter les graves et les aigus d’une mélodie, la vibration d’une viole de gambe, le chant d’un rouge gorge, la voix du prêtre pendant son homélie…
- laisser travailler nos papilles pendant les repas en disséquant les différents arômes et saveurs, laisser se dissoudre lentement l’hostie à chaque communion…
- Sentir par le glissement des doigts, la qualité d’un tissu, d’une feuille de papier, tenir un cierge ou un missel dans ses mains pendant la messe.
- rendre régulièrement grâce à Dieu y compris pour les plus infimes détails constituants l’instant qui passe.
En exacerbant nos sens par ces moments innombrables au profit du présent, et avec un peu d’habitude, on arrive à transfigurer le passé sans avoir besoin d’imaginer un futur.
En se faisant on participe au travail de Marie qui a défait les nœuds et à Jésus qui porte avec nous le joug. Nous entrons à nouveau dans une phase dynamique et positive.
Prendre l’habitude de maitriser au mieux nos sens, dans tous les petits moments de notre vie, nous permet de mieux intérioriser, de mieux nous connaître, et par conséquent d’éviter à nouveau la construction de nœuds inutiles…
Avec l’aide du Seigneur, après avoir loué ses bienfaits, chaque instant peut devenir un moment de grâce, tout est question d’entrainement, de progression, sur le chemin qui est le nôtre, et uniquement le sien, chacun étant unique. Notre participation est essentielle, nous devons nous mettre en marche sans oublier que finalement nos connaissances sont et seront très limitées.

Afin d’illustrer cette affirmation :
Un jour, saint Augustin se promène sur une plage, pour méditer sur la Trinité. Tout à coup, il voit un enfant verser de l’eau avec un coquillage dans un petit trou. L’enfant lui tient à peu près ce langage :
– Je veux faire entrer toute la mer dans le trou que j’ai creusé.
– Mon pauvre enfant, jamais tu n’y arriveras.
– Peut-être, mais cela me serait plus facile qu’à toi d’épuiser, avec les seules ressources de la raison humaine, les profondeurs du mystère de la Trinité !
Il disparaît, c’était un ange.
Le résumé en trois, quatre phrases de cet édito :
-« Car sans moi vous ne pouvez rien faire » Jean 15 :5
-Apprendre (avec l’aide du Divin) à dépolluer son âme
-Psaume 23.3 Il restaure mon âme
il faut diminuer pour qu’il grandisse
Une dernière …pour finir, en latin en illustrant notre petitesse :
Gn 3,19 Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris.
Amen !!!
Interview Don Antoine-Joseph Chants Grégoriens
Tant sa connaissance sur le sujet est importante, tant on pourrait encore organiser plusieurs interviews.
Un interview en 2 temps … Transmission de savoir, une mission importante faite dans le dévouement
Merci don Antoine Joseph
Première partie
Deuxième partie
Morceaux choisis par Don Antoine Joseph
Gloria palestrina messe du pape Marcel
Viens sois ma lumière
COMPOSITEUR CHOISI / Giovanni Pierluigi da Palestrina

Reconnu comme un grand compositeur liturgique Giovanni Pierluigi da Palestrina est né vers 1525 à Palestrina (à environ 40 kms de Rome), et inhumé en 1594 à Saint Pierre de Rome dans la capella nova.

Un compositeur intimement lié à Rome
Le suivre est un réel circuit de découverte dans les plus belles basiliques majeures où il exerce ses fonctions de maître de chapelle et organiste.
1536 – Après le décès de sa mère, soit dès l’âge de 11 ans, il entre comme enfant de chœur à la Basilique Sainte Marie Majeure, où il étudie chants grégoriens, composition et les grands maîtres français de son époque : Josquin des Prés, Jean mouton et franco-flamand comme Pierre de la Rue.

1544 – Retour dans sa ville natale à la cathédrale San Agapito comme organiste et maître de chant. L’évêque de Palestrina est nommé Pape sous le nom de Jules III et propose à Palestrina le poste de maître de chant pour enfants à la Basilique Saint Pierre de Rome en 1551.
Le concile de Trente et ses réformes (deux périodes 1545/1552 et 1562/1563) –
En réponse à la mouvance de la réforme protestante, le concile de Trente veut instaurer un style polyphonique simplifié et demande que la parole soit audible et intelligible. Palestrina se porte garant de cette tradition en appliquant les règles soumises par le concile soulignant l’équilibre parfait entre le message liturgique et la composition musicale.
1555/1560 – le pape Paul IV, successeur du Pape Marcel II, décide d’exclure de sa chapelle tous les hommes mariés et compositeurs de musique profane. Palestrina se trouve dans ce contexte ayant épousé en 1547 Lucretia Gori devient père de trois enfants, et ayant composé de la musique profane (madrigaux) il se voit donc dans l’obligation de quitter ses fonctions.
Il reste à Rome et est nommé maître de chapelle à la basilique Saint jean de Latran où il restera jusqu’en 1561.
Cloître du Latran et façade de la basilique du Latran
Vers 1562 il compose la messe à 6 voix du pape Marcel II qui reste un de ses chef d’œuvre de la musique liturgique correspondant à la demande faite par le concile de Trente : « réciter ce doit être récité et chanté ce qui doit être chanté de telle façon que les mots puissent être à la fois entendus et compris »
source https://www.musicologie.org/Biographies/p/palestrina.html


Partition de la messe à 6 voix du Pape Marcel parue en 1567 dans son second livre de messes.
Ses œuvres sacrées sont majoritaires ; plus de 100 messes (de 4 à 8 voix), de nombreux motets, offertoires, magnificats, litanies et des œuvres profanes (plus de 100 madrigaux (4 à 12 voix)).






