Musique Emoi – N°41 UNICITE ne faire qu’un

Au sein de notre vie de tous les jours, on passe le plus souvent à côté de l’essentiel, rivé à nos habitudes, dans une société de consommation énergivore de flots incessants d’informations de toutes sortes, qui ont tendance à brouiller la réception du fondamental.

Penchons-nous un court instant et simplement sur l’insecte dénommé « Ephémère », un beau moment de réflexion sur le « fondamental » :

Celui -ci en une seule journée va naître, voler, vivre, se reproduire et mourir. Toute cette Vie, cette énergie dépensée en seulement …24 h !

Nous avons une forte tendance à occulter facilement ce côté éphémère de nos vies même si l’homme par nature sur terre reste confiné dans l’éphémère tout en ne rêvant que d’éternité.

Si pour un « européen » l’espérance de vie est d’environ 80 ans cela correspond donc à vivre environ 30 000 fois plus longtemps que l’insecte éphémère, tout en étant intégré dans cette même catégorie « d’éphémères ».

Normalement nous pourrions aussi ajouter : « ça calme ! non ? »

Changer d’espace-temps nous donne une petite idée d’Eternité.

Afin de rapprocher cette notion de temps entre un être humain et un éphémère utilisons la phrase ci-dessous qui est un peu du même acabit mais entre l’humain et le Divin :

« Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. »

L’écart entre le Divin et l’humain dans ce dernier exemple gonfle pour atteindre 365 000 fois plus …. whaouh

… ça décoiffe !!! (pardonnez l’expression).

De plus, chacun de nous est unique, à nul autre pareil, chacun d’entre nous est donc un éphémère unique.

Et pourtant paradoxalement, notre âme est vouée à une existence sans fin : l’Eternité.

Évoquer l’éphémère, puis juste après, l’Eternité… comme dit souvent don Paul lorsque l’on change de dimensions et de repères : « accrochez vos ceintures ! Êtes-vous prêts ?»

Il est indispensable pour ce faire, de se remettre en cause, notre égo au passage en prend un coup. C’est un peu un saut dans l’inconnu, mais seules la Foi, la Confiance, l’Espérance permettent d’accepter et d’entrevoir cette idée de changement de dimensions et de temps.

« Tout est éphémère, et l’être qui se souvient des choses, et la chose dont il se souvient. » Marc Aurèle

« N’oublie jamais que tout est éphémère, alors tu ne seras jamais trop joyeux dans le bonheur, ni trop triste dans le chagrin. » Socrate

Selon Platon, tout être sur terre passe sa vie à chercher son autre moitié. Cela démontrerait que l’homme ne se suffit pas de sa condition d’éphémère unique, puisque si c’était le cas, il aurait naturellement tendance à jouir uniquement de son unicité en cultivant son égoïsme, avec pour seul objectif de vivre comme un ermite en autarcie.

Chercher son autre moitié, n’est-ce pas ce que vivent les jumeaux dans leur relation particulière ?

1+1 = 2 1+1=2

Lorsque nous évoquons l’état gémellaire de 2 êtres qui se ressemblent comme 2 gouttes d’eau, à première vue, il n’existe pas de différence, serait-ce l’unicité à 2 ?

Bien sûr que non, en creusant un peu, on s’aperçoit vite que les 2 gouttes ne sont pas si identiques que cela…pour les jumeaux il en est de même, tant au niveau physique que psychologique.

Cependant on constate que la complémentarité entre les jumeaux est un fait indéniable, ce qui leur donne un avantage particulier. On observe souvent un fort, un faible, un dominant, un dominé mais paradoxalement le faible, le dominé a toujours besoin du fort, du dominant et vice et versa. Certains jumeaux prétendent partager quelque chose de plus que les autres : une connexion psychique qui leur permettrait de savoir ce que l’autre pense ou ressent.

Cette complémentarité leur facilite la consolation (y compris à distance).

N’oublions pas (voir numéro précédent) que consoler, étymologiquement, signifie « ne faire qu’un ».

UNcroyable / 1croyable /Incroyable !

Si cette rapide approche des jumeaux conforte la pensée de Platon (voir ci-dessus) qu’en est-il de la gémellité dans la bible ?

Thomas, jumeaux et Dydime :

Thomas dénommé « Thomas le Dydime » dans la Bible. Dydime signifie jumeau. Quel est l’intérêt de l’évangéliste Jean d’ajouter le surnom de Dydime au nom de Thomas ?

(Lorsque l’on connaît l’importance des détails dans l’évangile de Jean, celui-là également doit nous porter à réfléchir.)

Qui est le jumeau de Thomas, (dont la Bible ne parle pas) alors que dans ce domaine particulier, lorsqu’on évoque le premier, généralement on parle rapidement du deuxième.

Thomas qui ne croit que ce qu’il voit n’est-il pas la représentation de chacun d’entre nous, ou plutôt l’illustration du commun des mortels ? >

Mais Thomas s’il est notre jumeau, l’est également du Christ…

Le seul capable de nous consoler, en ne faisant qu’un avec lui est donc …Jésus !!!

Sommes-nous prêts à annoncer comme Thomas « mon Seigneur, mon DIEU ? »

Pour donner suite à cette réflexion sur Thomas, cherchons à mettre en parallèle Marie Madeleine. (certains vont être surpris…)

A Thomas, Jésus dit « touche, mets ton doigt dans ma plaie », à Marie Madeleine il dit « ne me touche pas » Marie Madeleine agit avec le cœur, Thomas avec la raison, Marie Madeleine place la relation d’Amour au premier plan, Thomas, lui, veut voir pour croire.

Jésus lui dit alors « Heureux ceux qui sans avoir vu ont cru »

Marie Madeleine semble la plus proche dans les évangiles, à «ne faire qu’un » avec Jésus. En effet l’Amour est le seul bon chemin dans une vie, DIEU est Amour.

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes
. »

Les 2 premiers commandements du Christ sont donc clairement dédiés à l’Amour

Chacun de nous nait avec une parcelle divine en lui. (St Augustin)

Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans de moi, et moi au-dehors de moi-même
Et c’est là que je te cherchais, …
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi…
Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité
Tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité
Tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré et haletant j’aspire à toi

St Augustin

Ces 2 citations de la Bible et de St Augustin précisent que dès le début de notre existence sur terre nous sommes porteurs d’une parcelle de Dieu au plus profond de nous.

Afin d’alimenter l’Amour dont le Seigneur nous a gratifié, et afin de suivre ses commandements, sur notre propre chemin, il va falloir apprendre à mieux se connaître, pour commencer à s’aimer puis aimer son prochain…comme soi-même.

Marie-Madeleine

Marie Madeleine illustre dans la Bible le parcours parfait d’un être humain qui mène au premier commandement.

En effet à partir de péchés (7 démons) pardonnés, guéris par Jésus, elle sera enseignée, convertie, unie à Jésus, consolée par Jésus, la première à avoir vu Jésus ressuscité, elle sera missionnée pour témoigner.

Pas étonnant qu’elle ait été appelée « l’apôtre des apôtres »

Finalement cet édito écrit pour l’unicité se termine en soulignant l’importance de Marie Madeleine dans la matérialisation de l’Amour Divin, celui qui nous attend pour l’éternité.

Marie Madeleine est bel et bien la première à avoir vécu le « ne faire qu’un » avec le DIVIN.

La seule solution passe par le Christ, en ne faisant qu’un avec le Christ nous accédons pleinement au Divin, et par conséquent à la vie éternelle, nous voilà sauvés par le Sauveur.

Le Christ est bel et bien venu nous sauver, vrai Dieu vrai homme, il nous montre comment laisser la dépouille de l’éphémère (humain) pour changer de dimension sur le chemin de l’éternité (Divin). Il s’agit là de la mue parfaite et Marie Madeleine deviendra certainement dans le futur (proche ou non) Le symbole et l’illustration parfaite de cette vérité.

Au regard de l’éternité, les premiers chrétiens étaient appelés « les vivants » (en grec : hoï zontes)

Comme dirait don Paul : « heureusement que vous aviez accroché vos ceintures !!! »

Whaouh ! Aimons-nous les uns les autres   Amen !

Dans une forêt de 100 000 arbres il n’y a pas 2 feuilles pareilles

Interview Don Louis Marie

Qui commence par : « je rends grâce à Dieu pour la présence de la musique dans ma vie »

Par ses choix de morceaux de musique, don Louis Marie illustre bien le thème de l’édito : l’unicité

Merci beaucoup don LOUIS MARIE !!!

LES COMPOSITEURS (TRICES)

Merci à Don Louis-Marie pour ce choix où la différence de style musical est au centre même des morceaux choisis : d’une part, un compositeur Francis Poulenc qui innove sur des textes de grands noms de la littérature de son temps. D’autre part, une auteure compositrice Nina Simone passionnée par l’œuvre de Jean Sébastien Bach, qui ne peut exprimer son art que dans la musique jazz et soul.

Leur point commun : deux pianistes ayant excellé au piano dès leur plus jeune âge.

Nina Simone

De son vrai nom Eunice Waymon, née en 1933 à Tryon en Caroline du Sud et décédée en 2003 en France à Carry le Rouet (bouches du Rhône) est une auteure, compositrice et pianiste d’exception.

Le titre choisit » Ain ‘t Got No…I’ve Got Life – Je n’ai rien…J’ai la vie », quelques mots qui résument sa personnalité et sa vie, une vie d’engagement et une quête incessante de l’égalité pour les droits civiques des Noirs américains. Par sa voix unique et profonde, sa musique inspirée de Jazz, folk, gospel et soul et un jeu pianistique exceptionnel, elle met tout son cœur et toute son âme exprimant ses émotions pour défendre ces causes. Nina Simone est reconnue internationalement pour son talent.

A 19 ans son rêve de devenir la première pianiste noire américaine est brisé lorsque le jury du Curtis Institute de Philadelphie lui refuse le concours amenant à l’entrée au Conservatoire. Adieu à la musique classique, dès lors sa carrière artistique l’oriente dans un monde musical très différent mais dont l’empreinte de sa passion pour Bach se retrouve dans certaines de ces interprétations pianistiques.

« Citation de Nina Simone : « une fois que j’ai compris Bach, j’ai voulu être pianiste de concert. C’est grâce à Bach que j’ai consacré ma vie à la musique et c’est lui qui m’a fait découvrir le monde ». (Source (https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/bach-avec-mention/70-l-hommage-a-bach-de-nina-simone-1959-1493357)

Morceau choisi :

Ain’t Got No, I Got Life

Francis Poulenc –

Compositeur incontournable de la première moitié du XXe siècle, né à Paris en 1899 et inhumé au cimetière du Père Lachaise en 1963.

Il est issu d’une famille d’artisans par sa mère et d’industriels par son père, (« Etablissement Poulenc frères » – son oncle Camille Poulenc fut l’un des fondateurs des « Ets Rhône Poulenc » (https://www.bulletindespalion.fr/actualite-48769-la-dynastie-poulenc-1-des-commercants-tanneurs-a-joseph-poulenc).

Son professeur lui enseigne les grands classique (Schubert, Mozart) mais la révélation se produit en 1913 quand son oncle l’emmène à l’Opéra-comique où se jouent les œuvres de Stravinsky. Un maître incontournable pour notre compositeur.

Raymonde Linossier, son ami d’enfance lui fait découvrir le monde intellectuel parisien, et devient le musicien des poètes : Cocteau, Aragon, Breton, Eluard, Apollinaire. Il côtoie des compositeurs comme Manuel de Falla, Satie, Koechlin, …

Il fait partie du groupe des Six en 1920 : Auric, Durey, Honegger, Milhaud et Taillefer.

Parmi ses plus grandes œuvres figurent Les trois mouvements perpétuels (1918), le concert champêtre (1928), l’opéra le dialogue des carmélites (1947), Litanie de la Vierge Noire (1936).

Gloria, Stabat Mater

Retour aux racines chrétiennes :

Après le décès de son père en 1917, il s’éloigne de la religion. La perte accidentelle de son ami Pierre Octave Ferroud (compositeur) en 1936 est un tournant important. Son retour à sa foi est une évidence lorsqu’il se rend en pèlerinage à Rocamadour, il découvre une statuette en noyer du XIIème « la Vierge Noire » et compose en une semaine la « Litanie de la vierge noire », suivra un stabat Mater et autres œuvres inspirées. Cette œuvre est dirigée par une compositrice Nadia Boulanger lors de sa création à Londres le 17 novembre 1936.

Ayant eu connaissance des textes de prières par son neveu Frère Jérôme du couvent franciscain de Champfleury, il compose la musique des « Laudes de saint Antoine de Padoue, et des quatre petites prières de Saint François d’Assise. (Source https://www.revue-etudes.com/article/une-franciscaine-annee-poulenc/15696)

Le savez-vous : Francis Poulenc composa la Musique de « l’histoire de Babar, le petit éléphant » en 1945.

rocamadour et la vierge noire